Après deux journées d’audience intenses à Washington, aucun verdict n’a encore été rendu sur l’avenir du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. La juge fédérale Ana C. Reyes, confrontée à des réponses jugées insuffisantes de la part du gouvernement américain, s’est donné un délai de réflexion pouvant aller jusqu’à trois semaines, alors que la date butoir du 3 février 2026 demeure une source de vive inquiétude.
D’emblée, il convient de souligner que l’audience, désormais en pause, ne marque ni la fin de la procédure ni une victoire pour l’une ou l’autre des parties. Comme l’a rappelé avec prudence l’avocat spécialisé en immigration Wide Thomas, présent à l’audience, « le fait que les débats soient suspendus ne signifie pas que le dossier est clos, et encore moins que nous avons gagné ». Cette précision, apportée par CTNInfo, s’inscrit dans une volonté de tempérer les interprétations hâtives autour de ce dossier hautement sensible.
Par ailleurs, au cœur des échanges, la juge Ana C. Reyes a multiplié les questions à l’endroit des avocats du gouvernement fédéral. Elle cherchait, selon les éléments rapportés, à comprendre sur quelles bases juridiques et factuelles l’administration entend justifier la fin définitive du TPS pour Haïti à compter du 3 février 2026. Or, plusieurs de ces interrogations sont restées sans réponses claires, renforçant l’impression d’un argumentaire gouvernemental encore fragile sur ce point précis.
Dans cette perspective, la magistrate a indiqué que ce dossier constituait l’une de ses priorités majeures, compte tenu de l’échéance imminente. Toujours selon CTNInfo, la juge Reyes n’exclut pas la tenue d’une nouvelle audience si elle estime que des éclaircissements supplémentaires sont nécessaires avant de statuer. Une option qui témoigne à la fois de la complexité du dossier et de la volonté du tribunal de ne pas trancher dans la précipitation.
En outre, le volet judiciaire autour du TPS haïtien ne se limite pas à cette seule instance. Mᵉ Wide Thomas a également annoncé l’ouverture d’une autre action en justice portant sur le même sujet, cette fois en Californie, devant un autre juge fédéral, avec une audience prévue le 14 janvier 2026. Cette démarche parallèle illustre la stratégie juridique déployée pour contester la décision de mettre fin à ce programme humanitaire, dans un contexte où la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti reste largement documentée par les organisations internationales.
En définitive, l’absence de décision immédiate maintient des dizaines de milliers de bénéficiaires haïtiens du TPS dans une incertitude prolongée. Si la justice américaine prend le temps d’examiner les arguments de fond, le calendrier, lui, continue d’avancer inexorablement. Dans ce dossier aux conséquences humaines majeures, la prudence judiciaire apparaît nécessaire, mais elle se heurte désormais à l’urgence d’une réponse claire, juridiquement fondée et équitable.
Brinia ELMINIS
