Dans une déclaration récente, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué l’engagement des forces de sécurité nationales, affirmant que l’État reprend progressivement le contrôle de territoires longtemps affectés par l’insécurité. Si ce message se veut porteur d’espoir, il soulève également la question de la portée réelle des actions menées et des défis qui demeurent.
À l’appui de son propos, le chef du gouvernement a mis en avant les efforts conjoints de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti, engagées dans un contexte opérationnel complexe. Selon lui, ces interventions auraient permis de réduire la pression exercée par les groupes armés dans certaines zones stratégiques, traduisant ainsi une volonté de rétablir l’autorité de l’État.
Dans cette optique, le Premier ministre évoque un changement de dynamique sécuritaire, estimant que la peur qui paralysait les populations civiles tend à s’estomper. Il affirme que des territoires autrefois inaccessibles sont progressivement réinvestis par les institutions publiques, une évolution qu’il présente comme un signal encourageant pour la stabilité nationale.
Toutefois, au-delà de cette lecture gouvernementale, plusieurs observateurs rappellent que la situation sécuritaire demeure contrastée selon les régions. Tandis que certaines zones connaissent un relatif apaisement, d’autres restent marquées par des actes de violence, des déplacements forcés de population et des entraves à la libre circulation.
Dans le même temps, la population, principale concernée par les enjeux de sécurité, attend des résultats tangibles et durables. La reprise effective des services publics, la sécurisation des axes routiers et la protection des civils constituent autant de critères par lesquels l’action de l’État est évaluée au quotidien.
Par conséquent, la reconnaissance des efforts des forces de l’ordre, bien que légitime, ne saurait suffire à elle seule. Elle doit s’accompagner de politiques publiques cohérentes, d’un renforcement des capacités institutionnelles et d’une coordination efficace entre les différents acteurs de la sécurité.
La déclaration du Premier ministre s’inscrit dans une démarche de mobilisation et de réassurance. Néanmoins, l’enjeu central reste la transformation de ces discours en avancées mesurables sur le terrain. Car si l’espoir renaît à travers les mots, il ne pourra s’enraciner durablement que par des actions concrètes, capables de garantir la sécurité, la confiance et la dignité de l’ensemble de la population.
Brinia ELMINIS
