La récente révocation du consul général d’Haïti à Santiago suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique, tant par son contexte que par les implications institutionnelles qu’elle soulève dans l’administration publique.
Selon des informations rendues publiques, la décision mettant fin aux fonctions du consul général de Santiago a été officialisée par une correspondance datée du 22 décembre 2025 et signée par le ministre de facto des Affaires étrangères. Cette mesure intervient dans un contexte marqué par des tensions internes et des allégations relayées dans l’espace public concernant une intervention du conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire, actuellement mis en cause dans une affaire de corruption, bien qu’aucune décision judiciaire définitive n’ait été rendue à ce jour.
Toutefois, au-delà des circonstances évoquées, il convient de rappeler que la révocation d’un diplomate relève d’une décision administrative relevant de l’autorité exécutive. Néanmoins, lorsque celle-ci intervient dans un climat de controverse, elle alimente inévitablement les interrogations sur le respect des principes de transparence, d’impartialité et de bonne gouvernance, indispensables au fonctionnement crédible de l’État.
Par ailleurs, cette situation relance le débat sur la gestion des représentations diplomatiques haïtiennes à l’étranger et sur la nécessité de protéger l’administration publique de toute perception d’ingérence ou de règlement de comptes personnels. La diplomatie, par nature, exige stabilité, professionnalisme et neutralité, des valeurs essentielles à la crédibilité internationale du pays.
Dans ce contexte, la communication institutionnelle apparaît déterminante. Une information claire, documentée et accessible demeure indispensable pour préserver la confiance des citoyens et éviter que les décisions administratives ne soient interprétées comme arbitraires ou motivées par des intérêts particuliers.
En définitive, au-delà des faits rapportés, cette affaire met en lumière les fragilités persistantes de la gouvernance publique. Elle rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de transparence, de redevabilité et de respect des procédures, afin que l’État demeure au service de l’intérêt général et non l’instrument de conflits personnels ou politiques.
Brinia ELMINIS
