
Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, a appelé au départ de tous les membres du Conseil présidentiel de Transition (CPT) à la fin de leur mandat, fixée au 7 février 2026. Lors de son intervention à l’émission “Le Rendez-vous” animée par Volcy Assad, vendredi dernier, le militant des droits humains a estimé que le CPT a échoué dans sa mission de conduire le pays vers des élections crédibles et de rétablir la sécurité.
Intervenant sur les ondes de Radio Télé Métropole, Pierre Espérance a jugé que le Conseil Présidentiel de Transition n’a pas tenu ses promesses. Selon lui, les neuf membres du CPT doivent impérativement quitter leurs fonctions à l’expiration de leur mandat, le 7 février 2026, sans exception.
Le CPT a échoué. Tous ses membres doivent partir à la fin de leur mandat. Aucun d’entre eux ne doit faire partie d’une nouvelle transition. L’échec est collectif », a martelé le directeur du RNDDH.
Alors que plusieurs propositions circulent pour éviter un vide politique comme le maintien partiel du CPT, la réduction du nombre de ses membres, ou la désignation d’un juge de la Cour de cassation, Pierre Espérance rejette toutes ces options. Il estime que la Cour de cassation elle-même n’est pas crédible, accusant certains de ses membres d’être proches de ce qu’il appelle « la coalition criminelle Viv Ansanm ».
Critiques contre le gouvernement en place
Le militant a aussi dénoncé la corruption au sein du gouvernement actuel, qu’il qualifie de complice de l’échec de la transition. Il a cité notamment le cas de Niola Lynn Sarah Dévalus Octavius, ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, épinglée par l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et par l’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC). Selon lui, la ministre bénéficierait de la protection d’un membre influent du CPT, le conseiller Smith Augustin, avec qui elle entretiendrait une relation personnelle.
« Ces autorités ne peuvent pas organiser d’élections. Elles ne peuvent pas non plus rester au pouvoir », a-t-il insisté, appelant à la formation d’un nouveau leadership honnête et compétent à la tête du pays.
Un climat d’incertitude politique
À moins de trois mois de la fin du mandat du CPT, le climat politique reste tendu et incertain. Les démarches entreprises pour rétablir la sécurité, première priorité de la feuille de route de la transition n’ont pas encore porté leurs fruits. L’insécurité généralisée continue d’empêcher tout progrès vers la tenue d’élections.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 22 octobre dernier, la communauté internationale a exhorté les dirigeants haïtiens à éviter un vide politique en février prochain. Plusieurs scénarios sont étudiés à Port-au-Prince : prolongation d’un an du mandat du CPT, nomination d’un président provisoire issu de la Cour de cassation, ou restructuration complète du conseil.
À moins de cent jours de la fin de la transition, les tensions politiques s’intensifient. Les déclarations de Pierre Espérance reflètent la méfiance grandissante de la société civile envers le CPT et le gouvernement en place. Faute d’un consensus national, Haïti s’achemine une fois de plus vers une incertitude institutionnelle qui menace la stabilité politique et la tenue d’élections démocratiques en 2026.
Carina Petit-Homme


























































































































































