À l’approche du 12 janvier, date symbole d’un traumatisme collectif majeur, la Mairie de Port-au-Prince a décidé de suspendre toute activité carnavalesque le dimanche 11 janvier 2026. Une mesure officielle qui s’inscrit dans une volonté affirmée de respect, de mémoire et de dignité nationale.
Dans un communiqué rendu public le 9 janvier 2026, l’Administration municipale informe la population et les acteurs culturels qu’aucune manifestation liée au carnaval ne sera autorisée sur le territoire communal durant cette journée. Cette décision concerne l’ensemble des activités festives prévues dans le cadre des préparatifs carnavalesques, incluant les groupes musicaux, les bandes à pied, les DJ, les chars et autres organisateurs.
En toile de fond, la Mairie rappelle que le séisme du 12 janvier 2010 demeure l’une des tragédies les plus marquantes de l’histoire contemporaine du pays. La suspension des festivités vise ainsi à préserver un espace de recueillement collectif, en hommage aux victimes et en solidarité avec les familles endeuillées.
Dans cette logique, les autorités municipales estiment que le devoir de mémoire constitue une responsabilité partagée entre les institutions publiques et la population. Elles soulignent que le respect de cette mesure relève autant du civisme que de la conscience nationale, dans un contexte où la mémoire des disparus continue de structurer le rapport de la société haïtienne à son histoire récente.
Par ailleurs, la Mairie précise que toute infraction à cette interdiction exposera les contrevenants aux sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur. Cette précision vise à garantir l’application effective de la décision et à éviter toute ambiguïté quant à son caractère obligatoire.
Dans le même temps, l’Administration municipale tient à rassurer les acteurs culturels en rappelant que cette suspension demeure ponctuelle et ne remet pas en cause la place centrale du carnaval dans le patrimoine culturel haïtien. Elle s’inscrit plutôt dans un équilibre entre expression culturelle et respect des moments de deuil national.
À travers cette décision, la Mairie de Port-au-Prince affirme une position institutionnelle claire : celle de privilégier, le temps d’une journée, la mémoire et la dignité sur la célébration. Un choix symbolique fort, qui rappelle que la reconstruction morale d’une nation passe aussi par la reconnaissance de ses blessures et par le respect dû à ceux qui ont perdu la vie.
Brinia ELMINIS
