
Affaire Rosemila Petit-Frère : libération provisoire pour raisons médicalesSous fond de tension judiciaire et de soupçons d’ingérence politique, la justice haïtienne a accordé ce mercredi une liberté provisoire à l’ancienne mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère. Détenue depuis août pour complot contre la sûreté de l’État et association de malfaiteurs, elle a été relâchée après un malaise survenu durant son audition au Parquet de Port-au-Prince.
Arrêtée le 10 août 2025, en République dominicaine alors qu’elle revenait du Canada, Rosemila Petit-Frère avait été transférée trois jours plus tard à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Depuis, elle faisait face à plusieurs chefs d’accusation, dont complot contre la sûreté intérieure de l’État, association de malfaiteurs, et liens présumés avec des gangs armés, en particulier la coalition criminelle Viv Ansanm .
Le 4 novembre, lors de son audition au Parquet, l’ancienne élue s’est effondrée en pleine séance, victime d’un malaise nécessitant son évacuation d’urgence. Le lendemain, Me Fritz Patterson Dorval, Commissaire du Gouvernement, a confirmé sa libération provisoire pour raisons médicales, tout en rappelant que les poursuites restent en vigueur.
Comme tout autre détenu malade, Mme Petit-Frère doit recevoir les soins nécessaires à sa condition », a-t-il déclaré à la presse, soulignant que la justice haïtienne n’a pas vocation à punir la maladie .
Selon des informations recueillies, l’ex-mairesse pourrait être autorisée à quitter le pays pour des soins spécialisés à l’étranger, sans que la destination ne soit précisée.
Entre compassion et controverse
Cette décision a immédiatement suscité des réactions contrastées. Certains y voient un geste humanitaire justifié, d’autres dénoncent une mesure de faveur pour une personnalité influente, dans un système judiciaire souvent accusé d’inégalité. Pour plusieurs défenseurs des droits humains, cette affaire met en lumière le manque de transparence et la lenteur des procédures judiciaires dans les dossiers sensibles.
La remise en liberté de Rosemila Petit-Frère ne signifie pas la fin de l’affaire. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête suivra son cours dès qu’elle sera médicalement apte. Cette « trêve médicale », comme l’ont qualifiée certains observateurs, symbolise à la fois les limites du système carcéral haïtien et la délicate frontière entre justice, santé et pouvoir politique.
Carina Petit-Homme


























































































































































