
Face à une flambée de violences, l’organisation féministe appelle à une mobilisation nationale.
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Solidarité des Femmes Haïtiennes (Sofa) a dressé un tableau alarmant de la situation en Haïti. Lors d’une journée d’activités organisée ce mardi à Port-au-Prince, l’organisation féministe a exhorté l’État et la société à agir face à la montée inquiétante des violences.
Cette journée commémorative, marquée par une forte participation de femmes venant de divers milieux, a mis en lumière la réalité brutale vécue par des milliers de femmes à travers le pays. Selon Bertanie Belony, secrétaire générale de la Sofa, les violences prennent aujourd’hui des formes multiples, nourries par l’insécurité, les inégalités sociales et un patriarcat profondément enraciné.
Les chiffres révélés par l’organisation témoignent d’une crise grave :
905 femmes victimes de violences ont été accueillies dans les centres Douvanjou entre janvier et octobre 2025:
- 55,35 % ont été ciblées par des violences de gangs;
- 35,69 % ont subi des violences conjugales;
- 7,62 % relèvent de violences civiles;
- 1,33 % de violences familiales.
La Sofa souligne que ces données ne représentent qu’une partie de la réalité, puisque de nombreuses victimes n’osent toujours pas parler par peur de représailles ou de stigmatisation.
Mergina Fleurimat, coordonnatrice de l’organisation, a insisté sur la nécessité de combattre l’impunité, rappelant l’inaction persistante de l’État face à ce fléau. Elle rappelle que le Code pénal de juin 2025 classe désormais le viol et l’agression sexuelle parmi les crimes graves, mais que l’application de la loi reste largement insuffisante.
Tout au long de la journée, la Sofa a multiplié les messages d’appel à la prise de conscience nationale, invitant les citoyens à dénoncer les actes de violence, de discrimination et d’injustice. L’organisation encourage également la solidarité entre femmes pour briser l’isolement des victimes.
Elle plaide pour un renforcement de l’État de droit, pour des institutions plus responsables et pour une gouvernance respectueuse des principes démocratiques, conditions essentielles, selon elle, pour rétablir la justice et la dignité dans la société haïtienne.
En tirant une nouvelle fois la sonnette d’alarme, la Sofa rappelle que la lutte contre les violences faites aux femmes doit devenir une priorité nationale. Malgré un contexte d’insécurité généralisée, l’organisation réaffirme son engagement envers les femmes les plus vulnérables et appelle à une mobilisation collective pour bâtir un pays plus juste et plus sûr.
Carina Petit-Homme





















































































































































































































































































