Alors que le pays reste confronté à une crise énergétique structurelle et à une forte dépendance aux sources thermiques, la signature d’un contrat pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 4 MW à Jacmel, financée par la Banque mondiale à travers le programme SREP, apparaît comme une réponse concrète aux déficits d’approvisionnement dans le Sud-Est et une tentative de diversification du mix énergétique national.
Le 15 janvier 2026, à Port-au-Prince, le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC) a procédé à la signature d’un contrat avec la firme internationale ESD Engineering Service S.R.L. pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque à Jacmel. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre Raphaël Hosty, du PDG de la firme attributaire Sang Min Choi, ainsi que de responsables de l’Électricité d’Haïti (EDH) et de la Cellule Énergie du MTPTC, marquant une étape institutionnelle formelle dans le lancement du projet.
Ainsi, financée par la Banque mondiale à travers le programme SREP (Scaling Up Renewable Energy Program), l’infrastructure prévoit l’installation, à Mont-Fleuri, d’une centrale solaire d’une capacité de 4 MW, accompagnée d’un système de stockage par batteries et de l’extension du réseau électrique local. Ces composantes techniques visent à renforcer la stabilité du réseau, à réduire les fluctuations de tension et à améliorer la continuité du service, notamment durant les périodes de forte demande.
Par ailleurs, l’intégration du stockage par batteries constitue un élément stratégique du projet. En permettant de conserver l’énergie produite durant la journée pour une utilisation différée, ce dispositif pourrait atténuer l’intermittence inhérente à la production solaire et renforcer la fiabilité de l’alimentation électrique pour les ménages, les services publics et les activités économiques de la région.
Cependant, au-delà de l’annonce officielle, la portée réelle de cette initiative dépendra de plusieurs facteurs déterminants. D’une part, la qualité de l’exécution des travaux et le respect des engagements contractuels seront essentiels à la réussite du projet. D’autre part, la capacité des institutions concernées, notamment l’EDH, à assurer l’entretien, la gestion technique et la viabilité financière de l’infrastructure conditionnera sa durabilité à moyen et long terme.
À ce stade, aucune échéance précise n’a été publiquement communiquée concernant le démarrage et l’achèvement des travaux. Or, la transparence dans la mise en œuvre, le suivi rigoureux des financements et une communication régulière sur l’état d’avancement du projet apparaissent indispensables pour garantir que cette initiative produise des résultats concrets et mesurables au bénéfice des populations du Sud-Est.
En outre, ce projet s’inscrit dans un parcours plus large d’efforts visant à promouvoir les énergies renouvelables en Haïti, dans un secteur historiquement confronté à des contraintes structurelles, institutionnelles et budgétaires. À cet égard, la centrale solaire de Jacmel peut être perçue comme un test de cohérence entre les engagements publics, l’appui des partenaires internationaux et l’impact réel attendu sur le service public de l’électricité.
La construction de la centrale solaire photovoltaïque de Jacmel représente une avancée notable vers une transition énergétique plus durable dans le Sud-Est. Si elle ne saurait, à elle seule, corriger les faiblesses structurelles du secteur électrique national, elle constitue néanmoins une opportunité concrète d’amélioration de l’accès à l’électricité. La crédibilité de cette initiative se mesurera désormais à sa mise en œuvre effective, à sa gestion transparente et à son impact réel sur la qualité de vie des citoyens.
Brinia ELMINIS
