Les violences armées continuent de paralyser plusieurs axes stratégiques du pays. À Bercy, les affrontements entre les forces de l’ordre et des gangs lourdement armés plongent la population dans une situation humanitaire préoccupante, tandis qu’aux Gonaïves, le blocage de la Route nationale numéro 1 aggrave l’isolement et l’insécurité dans la région.
Depuis plusieurs jours, la zone de Bercy est le théâtre de violents affrontements opposant les forces de l’ordre à des groupes armés. Selon des témoignages recueillis sur place, de nombreux civils se retrouvent pris au piège, incapables de quitter la zone en raison des échanges de tirs et de la peur de représailles. Contraints à l’immobilité, certains habitants dorment dans des bus immobilisés ou à même le sol, parfois sous des remorques, dans des conditions précaires et indignes.
Dans ce contexte, la situation humanitaire suscite une vive inquiétude. L’absence d’accès sécurisé à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux expose les personnes bloquées, femmes, enfants et personnes âgées, à des risques sanitaires majeurs. Toutefois, aucune estimation officielle n’a encore été communiquée concernant le nombre exact de personnes affectées, soulignant la difficulté pour les autorités d’intervenir dans une zone toujours instable.
Parallèlement, la Route nationale numéro 1 est signalée bloquée à Descahos, dans la juridiction des Gonaïves. Selon les informations disponibles, cette action est menée par des membres d’un groupe armé opérant dans la zone, qui protestent contre la mort de l’un de leurs membres. Cet individu aurait été tué lors d’une intervention policière survenue la veille, dans le cadre d’une opération de sécurité.
Ainsi, ce blocage stratégique perturbe gravement la circulation entre le nord et l’Artibonite, affectant le transport des personnes, des marchandises et des produits de première nécessité. Les usagers de la route, notamment les chauffeurs de transport en commun et les commerçants, se retrouvent immobilisés, accentuant les pertes économiques dans une région déjà fragilisée.
Cependant, les autorités policières n’ont, jusqu’à présent, fourni que peu de détails sur les circonstances exactes de l’intervention ayant conduit à la mort du membre du groupe armé. Dans le respect des principes journalistiques, il convient de souligner que les faits restent à être pleinement établis par une communication officielle et vérifiée.
En définitive, ces événements illustrent une fois de plus l’impact direct de l’insécurité sur la population civile, qui demeure la principale victime de l’escalade de la violence armée. Tant que des solutions durables ne seront pas mises en œuvre pour restaurer l’autorité de l’État, sécuriser les axes routiers et protéger les citoyens, les déplacements, l’activité économique et la vie quotidienne restent gravement compromis. La situation actuelle appelle à des réponses urgentes, coordonnées et respectueuses de l’État de droit, afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire.
Brinia ELMINIS
