En savoir plus sur la justice et l’impunité en Haïti : Six ans après, l’affaire Néhémie Joseph reste en suspens
Assassinat et enquête en cours
Le 10 octobre 2019, le journaliste Néhémie Joseph a été assassiné à Mirebalais, dans le Plateau Central.
Six ans plus tard, la cour d’appel de Hinche n’a toujours pas clos l’affaire.
Par ailleurs, la mémoire du journaliste continue d’inspirer la communauté locale.
Selon Me Robenson Mazarin, avocat de la famille, la mobilisation citoyenne et la persévérance de la défense ont permis de maintenir le dossier ouvert.
C’était un crime odieux, et nous nous battons pour qu’il ne reste pas impuni », a-t-il déclaré à AlterPresse.
Cependant, la lenteur administrative et la crise sécuritaire ralentissent le processus judiciaire.
Pressions et menaces sur les proches
Depuis le début de l’enquête, les proches et les avocats de Néhémie Joseph subissent pressions et menaces, notamment via des comptes anonymes sur les réseaux sociaux.
En outre, avant sa mort, le journaliste dénonçait la corruption et la contrebande. Cela lui avait valu de nombreux ennemis.
Aujourd’hui, une partie du Plateau Central, dont Mirebalais, est sous le contrôle de groupes armés, accentuant le climat d’insécurité.
Commémorations et héritage
Chaque année, les proches et les organisations locales organisent marches, conférences et publications pour rappeler l’engagement de Néhémie Joseph en faveur de la liberté d’expression.
En 2024, la violence des gangs a limité les grandes commémorations, mais des actions symboliques ont été maintenues pour dénoncer l’impunité.
Ainsi, parler de Néhémie Joseph reste un acte de résistance, selon Me Mazarin.
Parcours et carrière du journaliste
Néhémie Joseph (1983–2019) est né à Mirebalais.
Après des études en technologie médicale à Port-au-Prince, il s’est orienté vers le journalisme.
Il s’est rapidement distingué comme l’un des jeunes reporters les plus critiques de sa génération.
Il a travaillé pour Radio Méga à Port-au-Prince et Panic FM à Mirebalais, animant des émissions où il dénonçait la corruption et les abus de pouvoir.
Enquête et impunité
Le 10 octobre 2019, il a été assassiné à 36 ans.
Huit suspects, dont cinq employés municipaux, ont été désignés, mais le procès tarde à se tenir.
En conséquence, la justice peine à rendre des comptes.
Carina Petit-homme





















































































































































































































































































