Haïti : adoption de la loi organique du MHAVE, 31 ans après sa création

Trente et un ans après sa création, le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) dispose désormais d’une loi organique définissant clairement son organisation, ses missions et son champ d’intervention. Cette avancée institutionnelle a été actée lors du Conseil des ministres, tenu le jeudi 18 décembre 2025 à la Villa d’Accueil, sous la présidence du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr.
Réuni dans un contexte marqué par une situation sécuritaire préoccupante, le Conseil des ministres a examiné plusieurs dossiers jugés prioritaires. À l’issue de cette séance, divers projets de décrets et d’arrêtés ont été adoptés, dont celui relatif à l’organisation et au fonctionnement du MHAVE, un ministère créé en 1994 mais qui, jusqu’à présent, fonctionnait sans cadre juridique formel.
Selon un communiqué publié par le ministère, l’adoption de cette loi organique marque une étape déterminante dans l’évolution institutionnelle du MHAVE. Le texte établit les bases légales de son fonctionnement, précise ses attributions, sa structure administrative ainsi que son rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques destinées aux Haïtiens vivant à l’étranger.
D’après les autorités, ce nouveau cadre juridique vise à renforcer la légitimité du ministère, à améliorer sa capacité de planification et à garantir une meilleure continuité de l’action publique en faveur de la diaspora haïtienne, estimée à plusieurs millions de personnes à travers le monde. Il permet également de clarifier les mécanismes de coordination entre le MHAVE et les autres institutions de l’État, souvent pointés du doigt pour leur manque de cohérence dans la gestion des dossiers liés à la diaspora.
Cette avancée est intervenue sous la direction de la ministre J.E. Kathia Verdier, en fonction au moment de l’adoption du texte. Pour le MHAVE, la loi organique constitue un outil essentiel pour structurer les relations entre l’État haïtien et sa diaspora, notamment en ce qui concerne la participation des Haïtiens de l’étranger au développement économique, social et culturel du pays.
Toutefois, les autorités reconnaissent que l’adoption de cette loi, à elle seule, ne saurait résoudre l’ensemble des défis liés à la prise en compte des préoccupations des Haïtiens vivant hors du territoire national. Elle représente néanmoins un jalon institutionnel majeur, traduisant une reconnaissance accrue du rôle stratégique de la diaspora dans la vie nationale.
En définitive, avec cette loi organique, le MHAVE se dote enfin d’un socle légal attendu depuis plus de trois décennies, ouvrant la voie à une action plus structurée et plus efficace au service des Haïtiens vivant à l’étranger et au renforcement des liens entre la diaspora et l’État haïtien.
Carina PETIT-HOMME
