Politique

Haïti entre mémoire et responsabilité : la Nation honore ses 222 ans de liberté

Par Elminis Brinia
janvier 6, 2026 4 min 73

 

Au début de l’année 2026, la Nation haïtienne a renoué avec l’un de ses moments les plus symboliques en célébrant le 222e anniversaire de son accession à la souveraineté et en honorant la mémoire des Aïeux. Ces deux premières journées, profondément ancrées dans l’histoire nationale, ont offert l’occasion de revisiter le sens de l’acte fondateur de 1804 et de mesurer l’ampleur des devoirs qu’il confère encore aujourd’hui à l’État et aux citoyens.

La cérémonie officielle marquant l’anniversaire de l’Indépendance s’est déroulée le jeudi 1er janvier à la Villa d’Accueil, sous la coordination du Conseil présidentiel de transition. L’événement a réuni le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, plusieurs membres du Gouvernement, le Commandant en chef des Forces armées d’Haïti, le lieutenant-général Derby Guerrier, le Directeur général de la Police nationale d’Haïti Normil Rameau, le président de la Cour de cassation Jean-Joseph Lebrun, ainsi que des diplomates accrédités et de hauts responsables de l’administration publique.

Dans son allocution, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a insisté sur la dimension profondément symbolique de l’Indépendance, la qualifiant de pilier de la mémoire collective haïtienne. Il a rendu hommage à Jean-Jacques Dessalines et aux figures fondatrices de la Nation, soulignant que leur combat a consacré des valeurs cardinales : la liberté, la dignité humaine et la souveraineté.

Le chef du CPT a rappelé que l’Indépendance ne relevait ni du hasard ni d’un simple fait historique, mais d’un choix assumé de rupture et de dignité. Selon lui, cet héritage oblige aujourd’hui chaque citoyen et chaque institution à une vigilance constante. Évoquant la situation nationale, il a réaffirmé la volonté des autorités de poursuivre les actions visant à restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, condition indispensable à l’organisation d’élections crédibles et au retour à l’ordre constitutionnel, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.

Insistant sur la nécessité d’un climat apaisé, Laurent Saint-Cyr a appelé à l’unité nationale, au dialogue politique et au sens de l’intérêt général, estimant que la cohésion demeure la seule voie pour prévenir l’affaiblissement de l’État et préserver les acquis de la Nation.

Le Conseil présidentiel de transition a également réitéré son engagement à travailler de manière concertée avec le Gouvernement, les forces vives du pays et les partenaires internationaux, en vue d’assurer la stabilité institutionnelle et de conduire un processus électoral transparent, inclusif et crédible.

Le lendemain, vendredi 2 janvier, la commémoration du Jour des Aïeux a donné lieu à une cérémonie de recueillement au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH). Le président du CPT, accompagné des conseillers-présidents Smith Augustin, Frinel Joseph, Edgard Leblanc Fils et Emmanuel Vertilaire, ainsi que du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de plusieurs membres du Gouvernement, a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs en hommage aux Pères fondateurs de la Patrie.

Cette cérémonie, marquée par une atmosphère de respect et de solennité, a réuni des membres du cabinet ministériel, des responsables de l’administration publique et des représentants du haut commandement de la Police nationale et des Forces armées d’Haïti. Des prestations culturelles et des expositions photographiques ont ponctué l’événement, mettant en valeur la richesse de l’héritage historique et symbolique légué par les héros et héroïnes de l’Indépendance.

Prenant la parole, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rappelé que le devoir de mémoire envers les Aïeux constitue une dette morale sacrée. Selon lui, honorer leur sacrifice implique aujourd’hui de faire preuve d’unité, de dignité et d’un engagement constant au service de la Nation.

Au-delà du caractère commémoratif, le Jour des Aïeux a ravivé la conscience nationale autour de l’urgence d’un sursaut collectif. Cette date symbolique a rappelé que l’héritage laissé par les fondateurs de la Patrie ne saurait se limiter à la mémoire, mais appelle des actes concrets, une vision partagée et une volonté affirmée de refonder le vivre-ensemble et de redonner sens au projet national.

Eunuce SEVERE 

À propos de Elminis Brinia

Elminis Brinia est rédactrice au sein de BwatNouvèl. Journaliste de formation et professionnelle des médias, elle analyse et couvre l’actualité nationale et internationale avec rigueur, sens critique et responsabilité éditoriale. Son travail s’inscrit dans une démarche d’information fiable, accessible et ancrée dans les réalités sociales contemporaines.

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