
Le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) a lancé, ce mercredi 3 décembre, un projet national de cartographie visant à identifier, localiser et mieux comprendre les communautés haïtiennes réparties dans le monde. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’action publique envers la diaspora.
La cérémonie s’est déroulée à Pétion-Ville en présence de la ministre Kathia Verdier, du ministre délégué aux questions électorales Gracien Jean, du ministre délégué à la Solidarité Herwill Gaspard, ainsi que de représentants de l’OIM, du MENFP, du MPCE et des Archives nationales.
Les responsables ont souligné le caractère stratégique du projet, considéré comme une première étape vers une gestion plus organisée des relations entre l’État et les Haïtiens vivant à l’étranger.
Selon Jean Robert Joseph, directeur du projet, la diaspora haïtienne est estimée entre 2 et 4 millions de personnes, chiffres inspirés des travaux du géographe Georges Anglade.
Il a rappelé que cette diaspora s’est formée à travers plusieurs vagues migratoires, vers Cuba, la République dominicaine, les États-Unis, le Canada, la France et, plus récemment, des pays d’Amérique latine, d’Europe et d’Afrique.
Bien que ses transferts financiers atteignent 2,1 milliards de dollars par an, cette population demeure peu représentée dans la conception des politiques publiques, faute de données fiables, actualisées et centralisées.
Le projet vise à :identifier et localiser les communautés haïtiennes; constituer une base de données complète sur leurs profils, besoins et compétences; améliorer les services administratifs et consulaires; éclairer les choix des décideurs publics; renforcer la participation citoyenne et la coopération entre Haïti et la diaspora.
Le MHAVE précise que cette démarche est intégrée au Programme de modernisation de l’administration centrale, piloté par le MPCE, qui cherche à doter l’État d’outils modernes d’analyse et de gestion des données.
Dans son intervention, la ministre Kathia Verdier a réaffirmé la volonté du gouvernement de reconnaître la diaspora comme une composante incontournable de la nation.
Vwa nou chak dwe konte, diaspora a gen vwa pa l tou », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’intégrer pleinement cette population dans les processus nationaux.
En somme, ce projet doit permettre à l’État de disposer, pour la première fois, d’un outil fiable pour comprendre la répartition et les besoins de sa diaspora, améliorer les services consulaires, orienter ses décisions et renforcer la participation citoyenne et économique des expatriés. Le programme sera d’abord déployé dans les pays à forte concentration d’Haïtiens, notamment les États-Unis, le Chili, le Brésil et la République dominicaine.
Selon les autorités, cette initiative représente un levier essentiel pour mieux mobiliser les compétences, les ressources et le potentiel de la diaspora au service du développement national.
Carina PETIT-HOMME
