Société

Fumigation dans les camps de déplacés : l’État mise sur la prévention sanitaire en contexte d’urgence

Par Elminis Brinia
📅 janvier 13, 2026 ⏱️ 3 min 👁️ 69 Vues

 

 

Face à la dégradation persistante des conditions de vie dans les camps de déplacés internes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la Direction de la Protection civile (DPC), avec l’appui du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), a lancé une vaste opération de fumigation destinée à réduire les risques sanitaires. Les premières interventions ont été menées le dimanche 11 janvier 2026, notamment dans la zone de Delmas 41, l’un des sites accueillant un nombre important de personnes déplacées.

Dans un contexte marqué par la promiscuité, l’insalubrité et l’exposition accrue aux maladies transmissibles, cette initiative vise principalement à limiter la prolifération des moustiques, rats et autres vecteurs responsables de pathologies telles que le choléra, la dengue, le paludisme ou les infections cutanées. Selon les autorités, cette opération s’inscrit dans une stratégie de prévention visant à éviter l’émergence de crises sanitaires supplémentaires dans des populations déjà fragilisées par l’insécurité et le déplacement forcé.

Par ailleurs, la Protection civile souligne que cette campagne de fumigation ne se limite pas à une action ponctuelle. Elle s’intègre dans un dispositif plus large, incluant la sensibilisation des déplacés aux bonnes pratiques d’hygiène, l’assainissement des espaces communs et la coordination avec d’autres institutions étatiques et partenaires humanitaires présents sur le terrain.

Dans cette dynamique, les équipes déployées interviennent de manière progressive dans plusieurs camps identifiés comme prioritaires, en tenant compte de la densité de population et des conditions environnementales. Les autorités précisent également que les produits utilisés respectent les normes sanitaires en vigueur afin de minimiser tout risque pour les personnes exposées, en particulier les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

Cependant, cette action intervient dans un contexte où les besoins restent largement supérieurs aux réponses disponibles. Les acteurs humanitaires rappellent que la fumigation, bien que nécessaire, ne saurait à elle seule résoudre les problèmes structurels liés à l’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires adéquates et à des abris décents pour les déplacés internes.

Ainsi, à travers cette opération, la Protection civile et le MICT entendent affirmer la responsabilité de l’État dans la gestion des urgences sanitaires, tout en appelant à une mobilisation renforcée autour de solutions durables. La situation des camps de déplacés continue de poser un défi majeur en matière de santé publique, exigeant des interventions coordonnées, régulières et adaptées à l’ampleur de la crise.

En conclusion, cette campagne de fumigation constitue un pas important dans la prévention des risques sanitaires au sein des camps de déplacés. Toutefois, son efficacité dépendra de sa continuité et de son articulation avec des politiques publiques plus globales, capables d’améliorer durablement les conditions de vie de ces populations vulnérables et de prévenir de nouvelles urgences humanitaires.

 

Brinia ELMINIS 

À propos de Elminis Brinia

Elminis Brinia est rédactrice au sein de BwatNouvèl. Journaliste de formation et professionnelle des médias, elle analyse et couvre l’actualité nationale et internationale avec rigueur, sens critique et responsabilité éditoriale. Son travail s’inscrit dans une démarche d’information fiable, accessible et ancrée dans les réalités sociales contemporaines.

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