Société

Force de répression des gangs en Haïti : 7 500 agents promis, selon Washington

Par Elminis Brinia
décembre 22, 2025 4 min 9
Haïti : 7 500 agents promis pour la répression des gangs.

Haïti : 7 500 agents internationaux annoncés pour la Force de Répression des Gangs

Haïti : 7 500 agents promis pour la répression des gangs.

Les États-Unis affirment avoir obtenu des engagements internationaux pour le déploiement de 7 500 agents de sécurité dans le cadre de la Force de Répression des Gangs en Haïti (FRG), une mission internationale appelée à renforcer la lutte contre l’insécurité chronique qui gangrène le pays.

L’information a été confirmée ce vendredi par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, lors d’une conférence de presse tenue à Washington, D.C., rapporte l’agence Reuters. Selon le chef de la diplomatie américaine, la communauté internationale a répondu favorablement à l’appel lancé pour renforcer cette force spéciale approuvée à la fin du mois de septembre par le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Nous recherchions 5 500 hommes. Nous avons déjà reçu des promesses allant jusqu’à 7 500 hommes de la part de divers pays », a déclaré Marco Rubio, soulignant également « une augmentation des contributions des donateurs pour financer cet effort ».

Fin septembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a validé le doublement des effectifs de la mission internationale de sécurité déployée en Haïti depuis près de 15 mois, tout en actant son changement de dénomination en « Force de Répression des Gangs ». Cette initiative, portée par les États-Unis et le Panama, répondait à une demande expresse des autorités haïtiennes, alors confrontées à une recrudescence des violences armées.

Dans cette dynamique, une conférence internationale consacrée à la préparation du déploiement de la FRG s’est tenue le 9 décembre dernier. À cette occasion, 18 entités se sont engagées à fournir du personnel, des ressources financières et un appui technique à la force, un élan salué notamment par les États-Unis et le Canada.

Selon le Miami Herald, Haïti a obtenu d’importantes offres de troupes pour renforcer la FRG. Le Tchad s’est engagé à fournir 1 500 soldats, tandis que des contributions supplémentaires ont été annoncées par la Sierra Leone, le Burkina Faso et la Gambie en Afrique de l’Ouest. D’autres pays, dont le Burundi en Afrique de l’Est et du Centre, ont également promis un appui.

Le Kenya, déjà fortement impliqué, compte environ 700 policiers actuellement déployés en Haïti. Un nouveau contingent de 230 policiers kényans est arrivé au début du mois de décembre pour renforcer les effectifs sur le terrain.

D’après le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Carlos Ruiz Massieu, la FRG devrait être opérationnelle d’ici le 31 mars 2026, avant son déploiement complet, y compris la mise en place d’un bureau d’appui des Nations unies.

Par ailleurs, la force a déjà bénéficié d’un appui matériel concret. En octobre dernier, les États-Unis ont livré 20 véhicules blindés destinés à renforcer les capacités opérationnelles des unités engagées contre les gangs.

La Force de Répression des Gangs a pour mission de mener des opérations antigang ciblées, indépendantes et basées sur le renseignement, afin de neutraliser, isoler et dissuader les groupes armés qui menacent la population civile, violant les droits humains et fragilisent les institutions de l’État. Une approche qui tranche avec celle de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), dont les résultats sont jugés insuffisants par de nombreux observateurs.

Selon les estimations disponibles, près de 1,3 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile en raison des violences armées. Ces déplacements massifs aggravent une crise humanitaire et sanitaire déjà critique, mettant sous pression les structures d’accueil et les services de base.

Dans ce contexte tendu, des élections sont prévues en août prochain. Or, la question sécuritaire demeure centrale, la stabilité étant considérée comme une condition essentielle pour permettre au peuple haïtien de retourner aux urnes après plusieurs années d’interruption du processus électoral.

En définitive, les promesses de déploiement annoncées par Washington constituent un signal politique fort en faveur d’un engagement international accru en Haïti. Reste toutefois à savoir si cette mobilisation se traduira, sur le terrain, par une amélioration durable de la sécurité et un réel affaiblissement des gangs armés.

Carina PETIT-HOMME 

À propos de Elminis Brinia

Elminis Brinia est rédactrice au sein de BwatNouvèl. Journaliste de formation et professionnelle des médias, elle analyse et couvre l’actualité nationale et internationale avec rigueur, sens critique et responsabilité éditoriale. Son travail s’inscrit dans une démarche d’information fiable, accessible et ancrée dans les réalités sociales contemporaines.

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