La décision du département américain de la Sécurité intérieure (DHS) de mettre un terme au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants somaliens marque un tournant majeur dans la politique migratoire américaine. Annoncée publiquement par la secrétaire Kristi Noem, cette mesure intervient dans un climat de durcissement des contrôles et suscite de vives préoccupations au sein des communautés concernées.
L’annonce a été faite mardi 13 janvier 2026 par la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors d’une intervention sur Fox News. À cette occasion, la responsable du DHS a déclaré que « temporaire veut dire temporaire », estimant que les conditions sécuritaires et politiques en Somalie se sont améliorées au point de permettre le retour de ses ressortissants. Selon elle, prolonger la présence des Somaliens sous TPS sur le sol américain irait désormais « à l’encontre de l’intérêt national des États-Unis ».
Dans cette logique, le DHS a fixé au 17 mars 2026 la date limite accordée aux bénéficiaires somaliens du TPS pour quitter le territoire américain. Cette décision concerne directement plusieurs milliers de personnes vivant légalement aux États-Unis depuis des années, sous ce statut humanitaire, instauré pour protéger les ressortissants de pays confrontés à des crises majeures.
À cet égard, les données de l’US Citizenship and Immigration Services (USCIS) indiquent que 2 471 migrants somaliens bénéficient actuellement du TPS, tandis que plus de 1 300 autres ont des demandes en attente de traitement. D’après Fox News, environ 600 ressortissants somaliens disposant de ce statut résident dans la région de Minneapolis, un centre historique d’installation de la diaspora somalienne aux États-Unis.
Par ailleurs, cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. De vastes opérations menées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) sont en cours dans la région de Minneapolis, renforçant les inquiétudes parmi les communautés immigrées locales. Si les autorités fédérales présentent ces actions comme relevant de l’application normale des lois migratoires, des organisations communautaires redoutent un impact humain et social significatif.
Il convient toutefois de rappeler que le TPS est, par définition, une mesure exceptionnelle et temporaire, renouvelée à la discrétion de l’exécutif américain sur la base d’évaluations politiques et sécuritaires. La décision du DHS s’inscrit donc dans le cadre légal en vigueur, même si elle demeure sujette à débats et à d’éventuels recours juridiques.
En définitive, la fin annoncée du TPS pour les ressortissants somaliens illustre la volonté de l’administration américaine de resserrer les critères de protection temporaire et de réaffirmer une lecture stricte de ce dispositif. Alors que la date butoir du 17 mars 2026 approche, cette décision place des milliers de familles face à une incertitude majeure, rappelant que les choix en matière de politique migratoire ont des conséquences directes, durables et profondément humaines.
Brinia ELMINIS
