Une enquête criminelle ciblant le président de la Réserve fédérale américaine marque une étape sans précédent dans les relations entre l’exécutif et l’autorité monétaire. La procédure, centrée sur des allégations de fausses déclarations au Congrès liées à des rénovations coûteuses, s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes autour de l’indépendance de la banque centrale.
Selon des informations confirmées par plusieurs médias internationaux, le bureau du procureur fédéral du district de Columbia aux États-Unis a ouvert une enquête pénale visant Jerome H. Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette enquête porte notamment sur la rénovation du siège de la Fed à Washington, D.C., un projet de l’ordre de 2,5 milliards de dollars, et examine si Powell a donné des informations incomplètes ou potentiellement trompeuses lors de son témoignage devant le Congrès au cours d’une audition sur ce dossier.
En effet, le bureau du procureur fédéral aurait autorisé l’enquête en novembre 2025, sous l’impulsion de la procureure Jeanine Pirro. Les procureurs fédéraux se penchent sur les déclarations publiques de Powell ainsi que sur les registres de dépenses du projet de rénovation, afin de déterminer s’il y a eu violation des lois américaines relatives aux fausses déclarations devant le Congrès.
Par ailleurs, Jerome Powell a lui-même confirmé que la Réserve fédérale avait reçu des citations à comparaître émanant d’un grand jury, ce qui représente une étape préliminaire à d’éventuelles inculpations. Dans une allocution diffusée par la Fed, il a qualifié cette action de « sans précédent » et a souligné son attachement au respect de l’État de droit.
De surcroît, le président de la Fed a fermement rejeté toute intention de dissimulation, affirmant que la menace de poursuites ne concernait pas spécifiquement son témoignage ou les rénovations en elles-mêmes. Il a aussi affirmé que la fixation des taux d’intérêt avait toujours été basée sur des données économiques et non sur des pressions politiques, mettant en avant l’importance de l’indépendance institutionnelle de la banque centrale.
Dans le même temps, cette enquête s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées entre Powell et l’administration du président Donald Trump, qui a publiquement critiqué la politique monétaire de la Fed, notamment son refus de réduire agressivement les taux d’intérêt. Trump a multiplié les attaques contre Powell, allant jusqu’à envisager son remplacement à la fin de son mandat en mai 2026.
Il est toutefois essentiel de rappeler que l’ouverture d’une enquête ne constitue pas une présomption de culpabilité. Conformément à la présomption d’innocence, Powell n’a pas été formellement inculpé et n’a pas été jugé coupable d’un quelconque délit à ce stade de la procédure. L’enquête, en cours d’instruction, devra établir si des éléments suffisants existent pour justifier des charges formelles.
En somme, cette situation soulève des questions majeures sur l’équilibre des pouvoirs, la protection de l’indépendance des institutions financières et la transparence des dirigeants publics. Alors que l’enquête se poursuit, les observateurs nationaux et internationaux suivront de près son évolution, conscients que ses retombées pourraient avoir des implications durables sur la confiance dans les institutions démocratiques et financières des États-Unis.
Brinia ELMINIS
