Claudette Colvin, figure majeure mais longtemps méconnue du mouvement des droits civiques aux États-Unis, s’est éteinte à l’âge de 86 ans, a annoncé mardi sa fondation. Son nom reste indissociable d’un acte de courage posé en 1955, bien avant celui de Rosa Parks, qui a contribué à faire tomber la ségrégation raciale dans les transports publics du sud du pays.
Le 2 mars 1955, à Montgomery, en Alabama, Claudette Colvin n’avait que 15 ans lorsqu’elle refusa de céder sa place à une femme blanche dans un bus, défiant ainsi les lois ségrégationnistes en vigueur. Ce geste audacieux, accompli par une adolescente noire, survenait neuf mois avant le refus emblématique de Rosa Parks, devenu par la suite un symbole mondial de la lutte pour l’égalité raciale.
À la suite de son acte, Claudette Colvin fut arrêtée, jugée par un tribunal pour mineurs et incarcérée. Elle ne retrouva la liberté qu’après le versement d’une caution. Malgré la sévérité de la sanction et les pressions subies, son cas contribua à nourrir la contestation juridique et sociale contre la ségrégation raciale.
Si son histoire est restée longtemps dans l’ombre, son engagement a pourtant joué un rôle déterminant dans les actions judiciaires qui ont mené à l’abolition de la ségrégation dans les transports en commun du sud des États-Unis. Claudette Colvin fut notamment l’une des plaignantes dans l’affaire Browder v. Gayle, décision historique qui mit fin à la ségrégation dans les bus de l’Alabama.
Avec la disparition de Claudette Colvin, les États-Unis perdent une pionnière de la lutte pour les droits civiques, dont le courage précoce et la détermination ont contribué à faire avancer la justice et l’égalité. Son héritage rappelle que l’histoire des grandes conquêtes sociales s’écrit aussi à travers des voix longtemps restées dans l’ombre.
Jean Dalens SEVERE
