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Dialogue entre l’OCNH et le CSPJ autour des dysfonctionnements de la justice de proximité
L’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (OCNH) a tenu, le 5 novembre 2025, une rencontre de travail avec le magistrat Érode Bazile, représentant des tribunaux de paix au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Cette discussion s’est concentrée sur la situation critique des tribunaux de paix à travers le pays, confrontés à une pénurie persistante de juges et à des conditions de travail jugées alarmantes.
Selon les constats partagés lors de cette réunion, seulement 414 juges de paix sont actuellement en fonction sur l’ensemble du territoire national, un chiffre bien en deçà des besoins réels du système judiciaire haïtien. Ce manque de personnel entrave gravement le fonctionnement des juridictions de proximité, souvent premières instances d’accès à la justice pour les citoyens, notamment dans les zones rurales.
De nombreux tribunaux de paix fonctionnent sans greffiers, sans matériel de bureau et parfois sans locaux adéquats. Dans certaines communes, les audiences se tiennent dans des bâtiments loués ou improvisés, ce qui complique davantage la tâche des magistrats et affecte la crédibilité du système judiciaire.
L’OCNH a profité de cette rencontre pour interpeller l’Exécutif sur la nécessité d’agir rapidement, notamment en nommant les 58 candidats à la magistrature de paix, dont la liste a été soumise depuis avril 2025. Selon l’organisation, ces nominations constitueraient un premier pas vers le redressement du secteur et la réduction de la surcharge de travail observée dans plusieurs juridictions.
Par ailleurs, l’organisation citoyenne a insisté sur l’importance de renforcer la formation continue des juges de paix, de moderniser l’administration judiciaire et d’assurer de meilleures conditions de travail pour le personnel des tribunaux. Elle a également plaidé pour une allocation budgétaire spéciale destinée à la réhabilitation des infrastructures judiciaires, en particulier dans les régions les plus touchées par l’insécurité et les catastrophes naturelles.
“La justice de proximité est le premier contact entre l’État et le citoyen. Si elle s’effondre, c’est la confiance dans tout le système judiciaire qui disparaît”, a souligné un représentant de l’OCNH.
L’initiative s’inscrit dans une série de consultations visant à renforcer le dialogue entre la société civile et les institutions judiciaires, dans un contexte où la justice haïtienne peine à fonctionner normalement à cause du manque de moyens, de sécurité et de gouvernance interne.
En conclusion, l’OCNH estime que le rétablissement de la confiance dans la justice passe inévitablement par la réhabilitation des tribunaux de paix, piliers essentiels de la justice de proximité. De son côté, le CSPJ s’est dit ouvert à poursuivre la collaboration avec l’organisation pour identifier et mettre en œuvre des solutions durables à cette crise structurelle qui fragilise la démocratie haïtienne.
Carina Petit-Homme


























































































































































