Politique

Démission d’un consul haïtien à Santiago : le parcours d’un diplomate face aux fragilités institutionnelles

Par Elminis Brinia
janvier 7, 2026 4 min 13

 

La démission du consul général d’Haïti à Santiago de los Caballeros, Stephen Junior Cherenfant, dans un contexte de révocation contestée, met en lumière des tensions institutionnelles persistantes au sein de la diplomatie haïtienne et relance le débat sur la cohérence entre parcours professionnel, légalité administrative et exercice réel de l’autorité publique.

La décision de Stephen Junior Cherenfant de quitter ses fonctions intervient à la suite d’informations faisant état d’une révocation qu’il juge irrégulière. Selon les éléments rapportés par Radio Télé Métropole, l’ancien consul aurait estimé ne plus être en mesure d’assumer un poste officiellement reconnu tout en étant privé des responsabilités concrètes qui y sont normalement rattachées. Une position qu’il a lui-même justifiée par le refus de bénéficier de privilèges institutionnels sans marge d’action effective.

À la lumière de son parcours, cette démission prend une dimension particulière. Avant son affectation à Santiago, Stephen Junior Cherenfant avait déjà évolué au sein de l’administration publique, développant une expérience orientée vers la représentation de l’État et la gestion des relations consulaires. Sa nomination dans cette juridiction stratégique s’inscrivait ainsi dans une continuité professionnelle, notamment dans un contexte marqué par la sensibilité des relations haïtiano-dominicaines et par les attentes fortes de la communauté haïtienne établie dans la région.
Toutefois, au fil des événements, un décalage semble s’être installé entre la fonction formelle et la réalité de son exercice.

En effet, les déclarations de l’intéressé suggèrent une mise à l’écart progressive, traduisant un dysfonctionnement institutionnel où les mécanismes décisionnels paraissent s’imposer au détriment des procédures administratives établies. Une telle situation, lorsqu’elle se confirme, fragilise non seulement l’action diplomatique, mais également la crédibilité de l’État à l’étranger.

Dans le même temps, la question de son remplacement soulève des interrogations supplémentaires. Des informations évoquent la désignation d’une personne ayant précédemment occupé un poste consulaire dans les îles Turques-et-Caïques, sans que son profil académique ne soit clairement documenté. Néanmoins, conformément aux principes de rigueur journalistique, il convient de souligner que ces éléments restent à confirmer par des sources officielles et qu’aucune conclusion définitive ne saurait être tirée en l’absence de données vérifiées.

Par ailleurs, cette affaire s’inscrit dans un contexte politique transitoire où le Conseil présidentiel de transition est régulièrement interpellé sur ses choix administratifs. Si certaines critiques dénoncent une récurrence de nominations controversées, il importe de distinguer les faits établis des interprétations politiques, afin de préserver l’équilibre de l’information et d’éviter toute confusion entre analyse institutionnelle et jugement partisan.

En définitive, la démission de Stephen Junior Cherenfant apparaît comme un acte personnel à forte portée symbolique. En choisissant de se retirer, il affirme une conception exigeante de la fonction publique, fondée sur la responsabilité réelle, la légalité des décisions et le respect du rôle institutionnel. Sans constituer une accusation formelle contre l’État, ce départ invite néanmoins à une réflexion approfondie sur la gouvernance diplomatique et sur la nécessité de renforcer la transparence, la cohérence et la valorisation des parcours professionnels au sein de l’appareil étatique.

Au-delà du cas individuel, cette démission met en exergue les limites actuelles du fonctionnement diplomatique haïtien dans un contexte de transition politique. Elle rappelle que la crédibilité de l’État, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières, repose sur le respect des procédures, la clarté des responsabilités et l’alignement entre nomination et exercice effectif de l’autorité publique. Une exigence fondamentale pour restaurer la confiance institutionnelle et garantir une diplomatie à la hauteur des enjeux nationaux.

Brinia ELMINIS 

À propos de Elminis Brinia

Elminis Brinia est rédactrice au sein de BwatNouvèl. Journaliste de formation et professionnelle des médias, elle analyse et couvre l’actualité nationale et internationale avec rigueur, sens critique et responsabilité éditoriale. Son travail s’inscrit dans une démarche d’information fiable, accessible et ancrée dans les réalités sociales contemporaines.

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