Haïti : ATREPA alerte sur la situation humanitaire alarmante des personnes déplacées internes
Alors que la crise sécuritaire continue de bouleverser le quotidien de milliers de familles haïtiennes, l’organisation ATREPA a réalisé une évaluation approfondie de la situation humanitaire dans seize sites de personnes déplacées internes (PDI), dont quatorze situés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. À travers un court métrage et des témoignages recueillis sur le terrain, l’organisation lève le voile sur une réalité souvent ignorée : celle de citoyens contraints de survivre dans des conditions précaires, privés de toute protection durable.
D’emblée, cette initiative vise à documenter, avec rigueur et humanité, les conséquences directes de l’insécurité chronique qui frappe la capitale et ses environs. Les témoignages recueillis mettent en évidence des conditions de vie marquées par l’insalubrité, l’insécurité alimentaire, l’accès limité à l’eau potable et l’absence de services sociaux essentiels. Pour de nombreuses familles déplacées, ces sites ne représentent pas un refuge, mais plutôt une solution de survie temporaire devenue permanente.

Ainsi, à travers cette évaluation, ATREPA cherche à attirer l’attention des autorités nationales, des partenaires humanitaires et de la communauté internationale sur l’urgence d’intervenir de manière coordonnée et durable. Les personnes déplacées, parmi lesquelles figurent des femmes, des enfants et des personnes âgées, vivent dans une vulnérabilité extrême, exposées aux maladies, aux violences et à l’exclusion sociale.
Par ailleurs, les témoignages recueillis révèlent une profonde détresse psychologique, accentuée par l’incertitude du lendemain et le sentiment d’abandon. Plusieurs déplacés affirment ne bénéficier d’aucun accompagnement structuré, tandis que d’autres dénoncent l’insuffisance de l’aide humanitaire face à l’ampleur des besoins. Ces récits mettent en lumière une crise multidimensionnelle qui dépasse la seule question du logement pour toucher à la dignité humaine.
De plus, l’évaluation souligne que l’absence de réponses durables favorise l’enracinement de la précarité. Sans politique publique cohérente de relogement, de sécurité et de réinsertion socioéconomique, les sites de déplacés risquent de devenir des espaces de marginalisation prolongée, aggravant les fractures sociales déjà profondes dans la région métropolitaine.
Dans ce contexte, ATREPA appelle à une mobilisation urgente et concertée des autorités compétentes, des organisations humanitaires et des partenaires internationaux afin de garantir une assistance adaptée, respectueuse des droits humains et conforme aux principes humanitaires. L’organisation insiste également sur la nécessité d’intégrer les voix des personnes déplacées dans toute réponse visant à améliorer durablement leurs conditions de vie.
À travers cette évaluation et les témoignages recueillis, l’ATREPA met en lumière une réalité qui ne peut plus être ignorée. La situation des personnes déplacées internes en Haïti constitue une urgence humanitaire qui exige des actions concrètes, coordonnées et responsables. Au-delà des constats, c’est la dignité humaine qui est en jeu. Sans une réponse structurelle et inclusive, les souffrances observées aujourd’hui risquent de s’enraciner durablement, compromettant toute perspective de stabilité et de reconstruction sociale.
Brinia ELMINIS
