Dans un contexte d’instabilité persistante, marqué par l’insécurité, l’effondrement institutionnel et la paupérisation accrue de la population, l’organisation Kay Jèn interpelle l’État haïtien et la jeunesse sur leur responsabilité commune dans le redressement du pays. À travers un communiqué publié en ce début d’année 2026, elle plaide pour une alliance stratégique fondée sur l’engagement citoyen, le respect des droits humains et une participation réelle des jeunes à la vie nationale.
Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire contemporaine. Depuis plusieurs années, le pays est enlisé dans une crise multidimensionnelle où s’entremêlent insécurité généralisée, exclusion sociale, effondrement des institutions publiques, pauvreté extrême et violations répétées des droits fondamentaux. Le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, au travail, à l’alimentation, à la sécurité, à la participation citoyenne et à la liberté d’expression est, selon Kay Jèn, systématiquement fragilisé, accentuant le sentiment de désespoir au sein de la population.
Dans ce contexte, l’organisation estime que toute perspective de sortie de crise repose sur une dynamique de complémentarité entre l’État et la jeunesse. D’une part, elle rappelle que l’État haïtien a l’obligation constitutionnelle d’assumer pleinement ses responsabilités, notamment en garantissant les droits humains et en créant des conditions concrètes de participation citoyenne. Cela implique, selon le communiqué, la mise en œuvre de politiques publiques cohérentes, axées sur la formation, l’emploi, la protection sociale et l’inclusion des jeunes dans les processus décisionnels.
À cet égard, Kay Jèn souligne qu’à plus de deux siècles de l’indépendance, il devient impératif de redonner à la jeunesse haïtienne les moyens de construire son avenir. Sans son implication effective, prévient l’organisation, il ne peut y avoir ni développement durable, ni démocratie fonctionnelle, ni paix véritable. Cette position s’inscrit dans une lecture structurelle de la crise actuelle, où l’exclusion prolongée des jeunes contribue à la reproduction des déséquilibres sociaux et politiques.
Parallèlement, le communiqué ne dédouane pas la jeunesse de ses propres responsabilités. Première victime de la crise, celle-ci est appelée à s’engager activement dans la défense de ses droits, à refuser la banalisation de l’injustice et à se mobiliser pour l’avènement d’une démocratie réelle, inclusive et durable. L’organisation insiste sur la nécessité de passer d’une posture de résignation à une dynamique d’organisation et d’action collective, estimant que sans justice ni respect des droits humains, aucun avenir stable ne peut être envisagé.
Enfin, Kay Jèn réaffirme la cohérence de son engagement, poursuivi depuis 2009, en faveur de la promotion de la citoyenneté, des droits humains et de la justice sociale, avec un accent particulier sur l’autonomisation des jeunes. Se disant mobilisée pour une jeunesse debout, formée, écoutée, protégée et actrice de son destin, l’organisation entend continuer à jouer un rôle de veille, de plaidoyer et d’accompagnement au sein de la société haïtienne.
En plaçant la responsabilité partagée de l’État et de la jeunesse au cœur du débat national, Kay Jèn rappelle que la sortie de crise ne peut être ni improvisée ni unilatérale. Elle exige des institutions responsables, des politiques publiques inclusives et une jeunesse consciente, organisée et engagée. À défaut d’un tel sursaut collectif, prévient implicitement l’organisation, l’instabilité chronique risque de s’enraciner davantage, compromettant durablement les perspectives de paix et de développement en Haïti.
Brinia ELMINIS
