Confronté à des défis sanitaires, environnementaux et sécuritaires persistants, le Cap-Haïtien voit ses autorités locales et nationales privilégier le dialogue institutionnel comme point d’appui pour une action publique plus cohérente et mieux coordonnée dans le département du Nord.
La séance de travail réunissant le Conseiller-Président Leslie Voltaire, la mairesse du Cap-Haïtien, Angie Bell, et le commissaire divisionnaire du Nord, Sem Calixte, s’inscrit dans un contexte marqué par la fragilisation progressive des services urbains. Cette rencontre visait avant tout à dresser un état des lieux partagé des conditions sanitaires, environnementales et sécuritaires affectant la ville et ses environs.
À cet égard, les discussions ont mis en lumière les limites actuelles du système de gestion des déchets et de la salubrité publique. L’accumulation des ordures, combinée à l’insuffisance des infrastructures d’assainissement, expose une partie de la population à des risques sanitaires récurrents, particulièrement dans les zones à forte densité humaine. Ces constats rappellent que la question sanitaire demeure un enjeu structurel nécessitant des réponses dépassant le cadre strictement municipal.
Dans le même temps, la dimension environnementale a été abordée comme un facteur déterminant de la qualité de vie urbaine. L’obstruction des canaux de drainage, la dégradation de certains espaces publics et l’absence de mécanismes durables de traitement des déchets ont été identifiées comme des problématiques qui appellent une coordination renforcée entre les autorités locales et l’État central.
De surcroît, les échanges ont souligné que toute amélioration durable reste étroitement liée au maintien d’un climat sécuritaire minimal. Le commissaire divisionnaire, Sem Calixte, a rappelé que la sécurité constitue un élément facilitateur pour la mise en œuvre des actions de salubrité, de contrôle et de prévention, en garantissant la continuité des interventions sur le terrain.
Dans cette perspective, la rencontre a également permis de souligner l’importance d’une approche concertée, fondée sur la complémentarité des rôles institutionnels. Face à des ressources limitées et à des attentes citoyennes élevées, la coordination apparaît comme un levier stratégique pour optimiser l’impact des politiques publiques locales.
En définitive, si cette séance de travail ne saurait, à elle seule, résoudre des problématiques anciennes et complexes, elle traduit néanmoins une volonté de dialogue et de responsabilité partagée entre les principaux acteurs concernés. En misant sur la concertation institutionnelle, les autorités impliquées reconnaissent que les défis sanitaires, environnementaux et sécuritaires du Cap-Haïtien exigent des réponses collectives et continues.
L’enjeu réside désormais dans la capacité à transformer ce cadre de dialogue en actions concrètes, mesurables et durables, condition essentielle pour améliorer le cadre de vie des populations du Nord et renforcer la crédibilité de l’action publique.
Brinia ELMINIS
