
Quatre ans après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, la cour d’appel de Port-au-Prince vient de rendre une décision majeure dans ce dossier sensible. Lors de son audience du 13 octobre 2025, la cour a ordonné un supplément d’enquête, estimant que les informations recueillies jusque’ici par le juge d’instruction Walter W. Voltaire étaient incomplètes.
Cette décision, dont Le Journal a obtenu copie intégrale, marque une volonté manifeste de la justice haïtienne de reprendre à zéro certaines étapes de l’instruction, afin d’éclaircir plusieurs zones d’ombre qui persistent depuis 2021.
Selon la cour, le complément d’informations doit permettre de recueillir de nouveaux éléments à charge et à décharge concernant les inculpés, mais aussi de mieux retracer les aspects financiers liés à la préparation du crime. Des recherches bancaires sont désormais exigées auprès des institutions concernées pour déterminer les éventuels financements ou appuis logistiques.
De plus, la cour demande la collecte et l’analyse des relevés téléphoniques des principaux inculpés, entre avril et août 2021, ainsi que la désignation d’experts pour interpréter les données techniques et réaliser tous les actes nécessaires à la manifestation de la vérité.
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La cour d’appel a également ordonné la recherche et l’arrestation de tous les inculpés en cavale, tandis que ceux déjà incarcérés resteront en détention préventive. La demande de main levée de mandat d’écrou, formulée par Marky Kessa, Joseph Félix Badio et les 17 ressortissants colombiens, a été rejetée, faute de garanties suffisantes de représentation. Dans le même arrêt, la cour a désigné le juge Cyprien Jn F. Denis Pierre pour conduire cette nouvelle phase de l’instruction.
Par ailleurs, les juges ont déclaré irrecevable l’appel de Joverlein Moïse, fils du président défunt, en raison de l’absence de récépissé de paiement de l’amende d’appel. Celui de Léon Charles, ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti, a également été jugé irrecevable pour vice de forme.
Rappelons que le président Jovenel Moïse a été assassiné dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5, à Port-au-Prince. Cet acte tragique a plongé le pays dans une profonde crise politique et sécuritaire dont les effets se font encore sentir.
Quatre ans après les faits, la justice haïtienne tente de relancer un dossier enlisé dans la complexité et les controverses. Ce supplément d’enquête ordonné par la cour d’appel représente une étape décisive dans la quête de vérité et de justice pour l’ancien chef de l’État et pour la nation entière.
Carina Petit-Homme


























































































































































