L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) monte au créneau dans le dossier du pasteur Moïse Joseph, accusé d’assassinat. Saisi par un groupe de citoyens, l’organisme national de défense des droits humains exige que la justice se saisisse formellement du dossier, dans le respect des procédures légales et des garanties fondamentales.
Dans un communiqué publié le jeudi 8 janvier, l’OPC informe avoir été officiellement interpellé par des citoyens préoccupés par l’évolution du dossier impliquant le pasteur Moïse Joseph. L’institution précise que cette saisine s’inscrit dans sa mission constitutionnelle de veille et de protection des droits humains, notamment le droit à un procès équitable, et à un délai raisonnable.
À cet effet, l’OPC indique avoir adressé deux correspondances distinctes. La première a été transmise au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Patrick Pelissier, tandis que la seconde a été envoyée au président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). À travers ces démarches, l’institution réclame la désignation formelle d’un juge compétent afin d’instruire le dossier conformément aux règles de droit en vigueur.
Selon l’OPC, l’absence d’un magistrat chargé du dossier constitue une entrave au bon fonctionnement de la justice et alimente un climat d’incertitude préjudiciable tant à la personne mise en cause qu’aux victimes présumées. Dans cette perspective, l’organisme rappelle que la justice ne saurait être sélective, lente ou influencée par des considérations extrajudiciaires.
Par ailleurs, dirigé par l’ancien magistrat Me Jean Wilner Morin, l’OPC souligne l’importance du respect du principe de la présomption d’innocence. Bien que le pasteur Moïse Joseph soit accusé de faits graves, l’institution insiste sur la nécessité de laisser la justice établir les responsabilités à l’issue d’une procédure régulière, impartiale et transparente.
De surcroît, l’OPC met en garde contre les dérives susceptibles de résulter d’un traitement judiciaire approximatif ou politisé. À ses yeux, un tel précédent porterait atteinte à la crédibilité du système judiciaire et fragiliserait davantage la confiance des citoyens dans les institutions républicaines.
En conclusion, l’Office de la Protection du Citoyen appelle les autorités judiciaires et exécutives à assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir une justice équitable, indépendante et respectueuse des droits fondamentaux. Dans un contexte national marqué par une forte défiance envers l’appareil judiciaire, le traitement rigoureux et transparent du dossier du pasteur Moïse Joseph apparaît comme un test majeur pour l’État de droit. Car rendre justice, ce n’est ni céder à la pression publique ni retarder indéfiniment les procédures, mais appliquer la loi avec impartialité, dans l’intérêt de la société tout entière.
Brinia ELMINIS
