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À New York, Nicolás Maduro rejette les accusations et revendique toujours le pouvoir

Par Elminis Brinia
janvier 5, 2026 4 min 105

 

C’est une scène judiciaire aux résonances mondiales. Quelques jours après sa capture annoncée par Washington, Nicolás Maduro a comparu devant un tribunal fédéral de New York. Face aux juges, l’ancien chef de l’État vénézuélien a nié toute implication dans le trafic de drogue et contesté sa destitution, ravivant une crise politique déjà profondément internationalisée.

Lundi, devant le Southern District de Manhattan, Nicolás Maduro a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue portées contre lui par la justice américaine. Selon des propos rapportés par CNN, il a affirmé : « Je suis innocent, je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête ». Dans le même temps, il a soutenu être « toujours le président » du Venezuela, rejetant ainsi la légitimité des décisions politiques et diplomatiques prises contre lui par les États-Unis et plusieurs pays occidentaux.

Cette audience intervient à la suite de ce que les autorités américaines décrivent comme une capture menée samedi par l’armée des États-Unis. D’après Washington, cette opération s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte depuis plusieurs années, visant Nicolás Maduro pour son rôle présumé dans un réseau de trafic de drogue à dimension internationale. Des faits que l’intéressé a, à plusieurs reprises, qualifiés de montages judiciaires à caractère politique.

En arrière-plan, cette affaire s’inscrit dans une confrontation durable entre les États-Unis et le pouvoir vénézuélien. Depuis son arrivée à la présidence en 2013, Nicolás Maduro fait face à une pression diplomatique croissante, à des sanctions économiques sévères et à une reconnaissance internationale de plus en plus fragmentée. Plusieurs États considèrent les élections comme contestées, tandis que Caracas dénonce une stratégie d’isolement et de déstabilisation.

Pourtant, le parcours de Nicolás Maduro ne peut être dissocié de l’héritage chaviste. Ancien syndicaliste et proche collaborateur d’Hugo Chávez, il accède à la magistrature suprême après la mort de ce dernier. Au fil des années, son pouvoir s’exerce dans un contexte de crise économique aiguë, marquée par l’inflation, les pénuries et l’exode massif de millions de Vénézuéliens, accentuant la polarisation politique interne.

Dans ce climat, la justice américaine affirme disposer de preuves suffisantes pour justifier les poursuites, estimant que les faits reprochés relèvent du crime transnational. À l’inverse, la défense de Nicolás Maduro soutient que les tribunaux américains n’ont aucune compétence pour juger un ancien chef d’État étranger, invoquant le principe de souveraineté et dénonçant une instrumentalisation du droit pénal.

Dès lors, au-delà du sort judiciaire de l’accusé, ce procès soulève des interrogations majeures. Il questionne la portée extraterritoriale de la justice américaine, la responsabilité pénale des dirigeants politiques et la frontière parfois fragile entre action judiciaire et rapport de force géopolitique.

La venue de Nicolás Maduro à New York marque un tournant inédit dans la longue crise vénézuélienne. Tant que la justice ne s’est pas prononcée, la présomption d’innocence demeure. Néanmoins, quelle que soit l’issue du procès, cette affaire s’impose déjà comme un précédent lourd de conséquences, susceptible de redéfinir les rapports entre justice internationale, souveraineté des États et responsabilité des dirigeants au plus haut niveau.

Brinia ELMINIS 

À propos de Elminis Brinia

Elminis Brinia est rédactrice au sein de BwatNouvèl. Journaliste de formation et professionnelle des médias, elle analyse et couvre l’actualité nationale et internationale avec rigueur, sens critique et responsabilité éditoriale. Son travail s’inscrit dans une démarche d’information fiable, accessible et ancrée dans les réalités sociales contemporaines.

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