
À deux mois de la fin de la transition, la classe politique s’enflamme autour de l’avenir du gouvernement, tandis que les pressions diplomatiques se multiplient.
Invité à une émission radiophonique, l’ancien Premier ministre Jean Henry Céant a critiqué l’initiative du conseiller-président Fritz Alphonse Jean visant à écarter le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé. Selon lui, un tel projet serait irréaliste et déstabilisateur dans le contexte actuel, plaidant plutôt pour un remaniement ministériel limité.
Lors de son passage, ce jeudi 27 novembre 2025, à l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad », Jean Henry Céant, leader du parti Renmen Ayiti, s’est fortement opposé à l’idée de remplacer le Premier ministre à ce stade avancé de la transition. Il estime qu’un changement de chef de gouvernement à quelques semaines de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) serait non seulement imprudent, mais également contre-productif.
Selon lui, il serait impossible pour un nouveau Premier ministre d’instaurer rapidement une cohésion gouvernementale, de fixer des priorités urgentes et de proposer une feuille de route solide aux ministres. Il qualifie l’initiative de manque de « rationalité politique » et de risque pour la stabilité institutionnelle.
Comme alternative, Jean Henry Céant propose un remaniement gouvernemental ciblé, qui permettrait, selon lui, de renforcer l’action de l’État sans bouleverser la structure actuelle. Une telle approche garantirait à la fois continuité, efficacité et équilibre institutionnel à l’approche de la fin du mandat du CPT.
L’ancien chef du gouvernement, qui avait servi sous la présidence de Jovenel Moïse, considère également que la meilleure option après le départ du CPT serait de maintenir Alix Didier Fils-Aimé à la tête du Conseil des ministres, le temps d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à l’organisation des prochaines élections.
Cette prise de position intervient alors que le Premier ministre a été récemment menacé de destitution par certains membres du CPT. Une démarche vivement critiquée par les ambassades américaine et canadienne, qui ont exercé des pressions sur les conseillers impliqués afin de dissuader toute tentative de renversement.
Par ailleurs, Fritz Alphonse Jean, figure de l’Accord Montana et ex-président du CPT, a été sanctionné par les États-Unis. Washington lui a retiré son visa, l’accusant de liens avec des groupes armés en Haïti. Des accusations qu’il a fermement rejetées lors d’un point de presse tenu le 25 novembre à la Villa d’Accueil.
Dans un climat politique tendu et à l’approche de la fin de la transition, les positions divergent quant à l’avenir du gouvernement. Tandis que certains conseillers poussent pour une rupture radicale, Jean Henry Céant privilégie la stabilité et la continuité. La pression internationale, les sanctions et les tensions internes rendent l’équation encore plus délicate, accentuant l’incertitude qui pèse sur la suite du processus politique en Haïti.
Carina Petit-Homme


























































































































































