
Le mois d’octobre a été marqué par une hausse significative des expulsions d’Haïtiens depuis la République dominicaine.
Entre le 1er et le 31 octobre 2025, 20 319 Haïtiens ont été déportés aux postes frontaliers officiels, selon un nouveau rapport du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR). L’organisation dénonce une situation humanitaire préoccupante et appelle les autorités haïtiennes à mieux accompagner les personnes refoulées.
Dans son bilan mensuel publié le 24 novembre 2025, le GARR indique que les opérations de rapatriement ont fortement augmenté par rapport aux mois précédents. Les déportations ont été effectuées principalement à travers quatre points frontaliers officiels, où les équipes du GARR ont enregistré les arrivées quotidiennes.
Le point frontalier de Belladère a accueilli le plus grand nombre de personnes expulsées, avec 9 763 rapatriés sur le mois. Vient ensuite Ouanaminthe, qui a enregistré 6 816 personnes, un chiffre qui confirme la pression constante exercée sur ce corridor migratoire très fréquenté.
À Malpasse, 1 806 Haïtiens ont été refoulés, tandis qu’Anse-à-Pitres a comptabilisé 1 934 retours forcés.
Selon le GARR, beaucoup de personnes déportées déclarent avoir été arrêtées sans possibilité de récupérer leurs effets personnels et sans accès à un accompagnement juridique. L’organisation précise également que parmi les expulsés figurent des femmes enceintes, des mineurs et des travailleurs ayant vécu plusieurs années en territoire dominicain.
Le GARR souligne que les conditions d’accueil en Haïti restent insuffisantes, en raison du manque de ressources, de structures d’encadrement et de mesures d’accompagnement pour faciliter la réinsertion des rapatriés. L’ONG affirme que cette situation accentue la vulnérabilité des personnes déjà fragilisées par l’instabilité économique et sécuritaire en Haïti.
Face à ces chiffres alarmants, le GARR appelle les deux États à mieux gérer la frontière et à respecter les droits fondamentaux des migrants. L’organisation plaide également pour que les autorités haïtiennes renforcent les services d’accueil, de soutien psychologique et d’intégration afin de répondre à l’ampleur de ces rapatriements qui continuent de mettre des milliers de familles en difficulté.
Carina Petit-Homme





















































































































































































































































































