
La récente déclaration du sous-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, ravive le débat autour de la gouvernance et de la stabilité en Haïti. En appelant les autorités à mettre fin aux luttes internes qui paralysent l’action publique, Washington exprime une préoccupation croissante face à la dégradation politique et sécuritaire du pays.
D’abord, Landau insiste sur la nécessité pour la classe dirigeante de faire front commun contre l’escalade de violence orchestrée par les gangs, qui ont multiplié les appels à la confrontation armée. En effet, les divisions internes affaiblissent dangereusement l’État au moment où les groupes armés consolident leur emprise sur plusieurs zones stratégiques de la capitale.
Ensuite, le diplomate souligne que les États-Unis se disent prêts à sanctionner toute personnalité haïtienne qui compromettrait la stabilité nationale. Cette mise en garde intervient alors que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) doit expirer le 7 février prochain, un échéancier qui accentue les tensions. De plus, des discussions confidentielles auraient débuté pour déterminer qui resterait au pouvoir, suscitant des inquiétudes au sein de la communauté internationale.
Par ailleurs, Landau pointe du doigt le blocage persistant autour du calendrier électoral. Quatre jours se sont écoulés depuis que le CPT a reçu la proposition finale du décret électoral et du calendrier, sans annonce officielle. Selon plusieurs sources, des divergences profondes entre conseillers empêchent l’adoption du document. Or, ce retard fragilise davantage la crédibilité de la transition et alimente la crainte d’un vide institutionnel prolongé.
Dans ce contexte, l’intervention américaine rappelle un point essentiel : la responsabilité du leadership haïtien. Alors que l’insécurité persiste, que les institutions restent fragilisées et que la population réclame une issue claire, l’absence de consensus au sommet de l’État risque, par conséquent, d’aggraver une crise déjà multidimensionnelle.
En conclusion, le message de Washington s’apparente à un avertissement ferme : Haïti ne peut plus se permettre de nouvelles divisions dans un moment où la transition exige des décisions collectives, transparentes et courageuses. Désormais, la responsabilité incombe aux dirigeants haïtiens, dont les choix dans les prochains jours détermineront non seulement l’avenir du CPT, mais aussi l’espoir d’un retour progressif à la stabilité institutionnelle.
Brinia ELMINIS


























































































































































