
La pénurie de carburant qui secoue le pays depuis plusieurs jours s’aggrave et menace de paralyser le transport, les écoles et l’activité économique.
Alors que les réserves de carburant s’épuisent rapidement dans plusieurs zones, de nombreuses stations-service ont déjà fermé leurs portes ou rationnent sévèrement la distribution. Les chauffeurs de transport en commun, confrontés à des coûts d’approvisionnement exorbitants sur le marché noir, augmentent les tarifs, plongeant la population dans une nouvelle crise de mobilité. La situation risque d’affecter lourdement les élèves, les travailleurs et le fonctionnement des institutions si rien n’est fait dans l’immédiat.
Depuis le début de la semaine, des habitants de Port-au-Prince comme des villes de province tirent la sonnette d’alarme : trouver du carburant est devenu un véritable parcours du combattant. À Pétion-Ville, Delmas, Croix-des-Bouquets, Cap-Haïtien ou encore Gonaïves, plusieurs stations-service sont fermées ou limitent drastiquement la vente.
Pour de nombreux chauffeurs de transport en commun, la situation est intenable. « Sans carburant, nous ne pouvons pas travailler », confie l’un d’eux, expliquant qu’il doit payer un prix exorbitant pour quelques gallons achetés au marché noir. En conséquence, les tarifs du transport ont déjà augmenté : des trajets habituels de 50 gourdes passent désormais à 75, voire 100 gourdes dans certaines zones.
Les impacts se multiplient : Les écoles enregistrent une forte baisse de présence, faute de moyens de transport fiables; les employés arrivent en retard ou restent chez eux pour éviter des dépenses trop lourdes; les camionneurs peinent à assurer la distribution des marchandises, ce qui affecte le commerce; les hôpitaux signalent des difficultés à effectuer des déplacements d’urgence.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens demandent des explications à l’administration centrale. Malgré l’ampleur de la situation, aucun communiqué officiel détaillé n’a confirmé l’origine exacte de cette nouvelle pénurie ni donné une date de normalisation.
Face à la montée des inquiétudes, plusieurs organisations de la société civile exhortent déjà le gouvernement à informer la population et à mettre en place un plan d’urgence national pour éviter une paralysie totale.
Dans un contexte où élèves, travailleurs, commerçants et institutions dépendent du transport pour fonctionner, l’État doit intervenir sans délai. Une communication transparente sur l’état des réserves, un mécanisme d’approvisionnement d’urgence et des mesures strictes contre le marché noir sont indispensables pour rétablir un minimum de stabilité.
Sans action rapide, Haïti risque de replonger dans une crise de paralysie générale aux conséquences incalculables. La population attend des décisions fermes , et elles doivent venir maintenant.
Carina Petit-Homme





















































































































































































































































































