
Alors que la question de la double rançon refait surface dans le débat public, Haïti entend désormais structurer sa réponse sur la scène nationale et internationale. Le Comité National Haïtien de Restitution et de Réparation (CNHRR) a présenté une feuille de route stratégique pour 2026, issue de deux journées de retraite de travail consacrées à la planification des actions futures.
Le Comité affirme avoir adopté un plan d’activités immédiatement opérationnel. Huit groupes de travail ont été constitués afin de couvrir l’ensemble des dimensions liées aux revendications de restitution et de réparation. Leur mission : transformer une injustice historique vieille de deux siècles en un projet collectif national cohérent.
Le CNHRR place la réforme éducative au cœur de ses priorités. Il plaidera auprès du Ministère de l’Éducation nationale pour une révision des programmes d’histoire, avec une intégration plus approfondie des faits relatifs à la double rançon et aux conséquences de la colonisation. Dans la même dynamique, une série d’activités publiques :conférences, webinaires, actions de sensibilisation et une enquête nationale , sera organisée pour renforcer la compréhension citoyenne autour de la question réparatrice.
Le Comité annonce également un engagement renforcé sur le plan académique. Des bourses de master et de doctorat seront mises à disposition pour encourager les recherches sur l’esclavage, la mémoire et les réparations. L’Université d’État d’Haïti prévoit la création, dès 2026, d’une Chaire de Recherche sur la double rançon, destinée à offrir conférences et cours publics dans plusieurs villes du pays.
L’année 2026 sera rythmée par deux grands colloques internationaux. Le premier, dédié aux « Mémoires de l’esclavage, pensée haïtienne et réparations », se déroulera du 16 au 18 novembre. Le second, autour du thème « Restitutions, réparations et santé publique de la population », est prévu pour les 23 et 24 août. Un Livre blanc regroupant les principaux argumentaires haïtiens en faveur de la restitution sera également publié et mis à la disposition du public.
Le CNHRR fait aussi part de sa volonté de renforcer ses partenariats, notamment avec les universités, les organisations locales et la Commission des Réparations de la CARICOM, afin d’unifier les efforts avec les institutions africaines, américaines et européennes impliquées dans la justice réparatrice.
Avec cette feuille de route structurée et ambitieuse, le Comité national de restitution entend élargir le débat, encourager l’engagement citoyen et préparer une stratégie commune capable de porter les revendications haïtiennes sur la scène internationale. L’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape décisive dans la construction d’un front uni autour de la question de la restitution et des réparations.
Carina Petit-Homme


























































































































































