
La Banque mondiale a donné son feu vert à un projet de 80 millions de dollars destiné à améliorer les routes rurales en Haïti. Cette décision arrive à un moment crucial, alors que l’état du réseau routier rend les déplacements difficiles pour des milliers de citoyens.
Ce nouveau programme, appelé Corridors Résilients d’Haïti , vise à transformer plusieurs axes importants dans quatre départements : l’Ouest, le Sud, le Sud-Est et le Nord. L’objectif principal est clair : rendre les routes plus accessibles et plus résistantes face aux chocs naturels qui menacent régulièrement le pays.
Le projet met l’accent sur trois corridors essentiels pour la circulation nationale. La Route Nationale numéro 2 (RN2), qui relie Port-au-Prince au Sud, sera renforcée pour faciliter le transport de biens et de personnes. La route départementale 41, qui traverse des zones agricoles importantes, bénéficiera également d’améliorations pour soutenir l’économie locale. Enfin, la route frontalière menant à Ouanaminthe, un point clé pour les échanges commerciaux avec la République dominicaine, sera modernisée pour fluidifier le passage des marchandises.
Les autorités soulignent que l’un des enjeux majeurs du projet concerne les ponts critiques. À travers le pays, plusieurs structures sont fragiles ou endommagées, ce qui augmente les risques d’isolement en période de pluie ou après un séisme. Leur réhabilitation fait donc partie des priorités pour garantir la sécurité des usagers et maintenir la continuité des transports.
En plus des travaux physiques, le financement prévoit un appui institutionnel au ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC). Cette composante vise à améliorer la capacité de l’État à planifier, contrôler et entretenir les infrastructures. Pour la Banque mondiale, sans un renforcement institutionnel, les investissements risquent de ne pas produire les effets attendus à long terme.
Avec ce projet, les autorités espèrent réduire les inégalités d’accès entre les zones rurales et urbaines. Aujourd’hui encore, plusieurs communautés isolées peinent à accéder aux services de base, notamment les marchés, les écoles ou les centres de santé. Des routes mieux entretenues pourraient changer la donne.
Pour de nombreux habitants, cet investissement représente une bouffée d’air frais. Après plusieurs années de crises, de catastrophes naturelles et d’abandon des routes secondaires, l’amélioration du réseau routier apparaît comme une étape indispensable pour relancer les activités économiques.
La Banque mondiale affirme que les travaux seront menés en respectant les normes environnementales et sociales, afin de minimiser les impacts sur les populations locales. Les chantiers devraient commencer dès que les études techniques seront finalisées.
Avec ces 80 millions de dollars, Haïti espère faire un pas important vers un réseau routier plus solide, plus sûr et mieux adapté aux réalités climatiques du pays. Un défi ambitieux, mais essentiel pour la mobilité et le développement des communautés rurales.
Carina Petit-Homme





















































































































































































































































































