
Dix-neuf mois après l’installation du Conseil présidentiel de transition (CPT), Haïti demeure plongée dans une crise multidimensionnelle. Malgré le changement à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), annoncé par les autorités de facto, l’insécurité continue de s’étendre, minant davantage la stabilité sociale et économique du pays. Les actes de banditisme, les enlèvements et les violences urbaines témoignent d’un État affaibli, peinant à rétablir l’ordre et à garantir la sécurité des citoyens.
Selon Radio Télé Métronome, le pouvoir en place, rongé par la corruption, fait preuve d’une indifférence inquiétante envers les victimes de l’ouragan Mélissa. Aucun fonds n’a encore été débloqué pour leur venir en aide, malgré les promesses gouvernementales. Cette inaction renforce le sentiment d’abandon ressenti par une population déjà éprouvée par la crise économique et la dégradation des services publics.
Dans ce contexte tendu, le président de facto du CPT, Laurent Saint-Cyr, a récemment effectué un déplacement au Qatar. D’après les informations relayées par la presse, il n’aurait pas été reçu par l’émir, contrairement au président kényan, accueilli avec tous les honneurs. Cette visite, jugée inutile par plusieurs observateurs, alimente les critiques contre une diplomatie perçue comme déconnectée des réalités du pays. L’éditorialiste Jean Corvington souligne que les dirigeants haïtiens multiplient les voyages à l’étranger alors que les urgences nationales restent sans réponse .
Pendant que les dirigeants s’enlisent dans des stratégies politiques et diplomatiques sans impact tangible, les Haïtiens continuent de faire face à la misère, à l’insécurité et à un manque criant d’infrastructures. La désillusion grandit au sein de la population, tandis que la confiance envers les institutions publiques s’effrite de jour en jour.
À l’heure où Haïti semble s’enfoncer dans le chaos, un consensus émerge autour d’une même idée : il est urgent de repenser la gouvernance et de replacer l’intérêt national au centre des priorités.
Sans un véritable engagement en faveur de la transparence, de la justice sociale et de la sécurité, la transition politique risque de se transformer en impasse durable.
La gouvernance en Haïti face à la crise et à l’insécurité
Brinia ELMINIS


























































































































































